ALISCANS

 

Manuscrits : Il y en a 13 qui ont été conservés. Le manuscrit de base (pour l'édition de Régnier) est le B.N.F. fr. 1449 (A2)

Vers : 8185

Laisses : 192

Date de composition : fin XIIème (1165 selon U. Holmes et R. Levy et vers 1185-1190 pour J. Frappier). En tout cas, cette chanson a nécessairement été écrite avant 1216, date à laquelle a été conçue l'adaptation d'Aliscans par Wolfram von Eschenbach.

Langue : Picarde

Édition : 1) F. Guessard et A de Montaiglon, Paris, Franck, 1870.

              2) Erich Wienbeck, Wilhelm Hartnacke et Paul Rasch, Halle, Max Niemeyer, 1903. Slatkine Reprint, Genève, 1974.

              3) M. Murjanoff, "Notes sur deux nouveaus fragments d'Aliscans", Romania, t. 85, 1964, pp. 533-38.

              4) M. C. Gose, Aliscans, édité d'après B1 (BMR 20 D XI), B2 (BNF fr. 24369-70), F (BNF fr. 2494), Liège, Mémoire dactyl., 1966-67, 2 vol.

              5) Ch. Lecocq, Aliscans, édité d'après les manuscrits M (Venise Marciana fr. VIII) et D (BNF fr. 1448), Liège, Mémoire dactyl., 1966-67, 2 vol.

              6) V. Puzaj, Aliscans, édité d'après les manuscrits A1 (BNF fr. 774), A2 (BNF fr. 1449), A3 (BNF fr. 368), A4 (Milan Trivulzio 1025), Liège, Mémoire dactyl., 1967-68, 2 vol.

              7) M. Tyssens, "Aliscans, fragment B.N. FR. N.A 934", Mélanges Pierre le Gentil, 1973, pp. 851-867.

              8) C. Chacornac, Aliscans, chanson de geste...renouvelée par C.C., Paris, F. Lanore, 1933.

              9) Claude Régnier, Les Classiques Français du Moyen Age, 2 tomes, Paris, 1990.

            10) Gustav Robin, Leipzig, 1894.

Traduction : 1) C. Chacornac, Paris, 1933.

                   2) Bernard Guidot et Jean Subrenat, Paris, Champion, 1993.

Cette chanson appartient au Cycle de Guillaume d'Orange.

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Cette chanson raconte la défaite aux Aliscans, des chrétiens face aux sarrasins. Un jeune guerrier récemment adoubé, du nom de Vivien, périt héroïquement dans la bataille. Son oncle Guillaume, aidé du géant Rainouart, arrivera finalement à reconstituer une armée et à venger cette mort.

 

En Aliscans, la bataille fait rage entre païens et chrétiens. Le plus valeureux des combattants est Vivien, mais il est gravement atteint et les païens débarquent de plus en plus nombreux (Laisse I). Guillaume tue deux adversaires ; Déramé se répand en menaces contre Guillaume et les siens (Laisse II). Le champ de bataille se couvre de païens (Laisse III). Vivien, quoique blessé à mort, continue à combattre ; mais Gorant surgit d'un val avec dix mille Vachers. Vivien prend peur, se retourne pour leur échapper, puis se ressaisit et se précipite sur eux avec l'angoisse d'avoir enfreint son serment de ne jamais fuir (Laisse IV). Bertran attaque les Vachers à l'appel de Vivien (Laisses V-VI). Arrivent vingt mille sarrasins avec le roi Haucebier ; le cheval de Bertran tombe ; Vivien s'empare d'une monture qu'il donne à Bertran (Laisse VII). Cinq comtes, Guichart, Gaudin, Guielin, Hue de Melans et Girart de Commarchis arrivent en renfort aux chrétiens (Laisse VIII). Le combat reprend ; Vivien tue l'ampatri (Laisse IX). Aerofle rallie les fuyards (Laisse X) ; il fait prisonnier Guichart ; les autres comtes sont également pris. Vivien fait une prière et se précipite dans la mêlée (Laisses XI-XII). Haucebier le frappe d'un tronçon de lance et les païens le laissent pour mort. Vivien revient de pamoison et va s'étendre sous un arbre près d'un étang (Laisse XIII). Il bat sa coulpe et demande à Dieu qu'il puisse voir son oncle avant de mourir. Les comtes prisonniers sont enfermés dans un chaland avec un carcan au cou ; ils seront délivrés par Rainouart. Quant à Guillaume, il se bat en brave (Laisse XIV). Guillaume, restés seul avec quatorze compagnons, met les païens en fuite, mais ses compagnons sont tués (Laisses XV-XVI). Il ne peut rentrer à Orange parce que l'ennemi lui barre la route. Il parle à son cheval Bauçent qui soudain reprend vigueur (Laisse XVII). Il pense échapper par un val, mais il est contré par Brodual ; il doit revenir en Aliscans, poursuivi par les païens (Laisses XVIII-XIX) ; il s'enfuit alors par une sablonnière et ses poursuivants le perdent (Laisse XX). Le poète suspend un instant son récit pour faire l'éloge du comte et reprend la narration (Laisse XXI). Monté sur un tertre, Guillaume voit une masse énorme de païens, il descend, parle à nouveau à son cheval qui retrouve des forces, puis revient sur le champ de bataille et voit Vivien étendu sous un arbre (Laisse XXII). Il prononce son regret funèbre (Laisses XXIII à XXVI début). L'enfant reprend connaissance ; Guillaume, après l'avoir entendu en confession, le fait communier avec du pain bénit qu'il a dans son aumonière. Il essaie d'emporter le corps jusqu'à Orange (Laisses XXVI fin à XXVIII), mais les païens, qui l'ont aperçu, se lancent à sa poursuite ; renonçant à son précieux fardeau, il va étendre Vivien sous un arbre et le couvre de son écu (Laisse XXIX). 

La poursuite reprend ; le comte rencontre quinze rois et décide d'accepter le combat (Laisses XXX-XXXI). Les païens se divisent en deux groupes, sept restent immobiles, huit l'assaillent. Le comte en abat sept, le huitième s'enfuit. Les sept autres arrivent ; parmi eux Esmeré d'Odierne, fils de Guibourc et fillâtre de Guillaume ; Guillaume en tue quatre, les trois autres s'enfuient (Laisse XXXII). Il reprend sa route vers Orange ; deux rois en embuscade l'attaquent, Aarofle et Danebron (Laisse XXXIII). Guillaume tue Danebron (Laisse XXXIV). Aarofle profère des menaces contre Guillaume ; il a un destrier magnifique, Folatise, que le comte convoite. Le païen dans une profession de foi religieuse se pose en champion de Mahomet (Laisse XXXV à XXXVII). Le combat s'engage ; les deux adversaires sont désarçonnés. Aarofle frappe Guillaume, mais Dieu le protège. Un premier coup d'épée de Guillaume à Aarofle n'a pas de résultat ; un second coup tranche la cuisse du païen (Laisses XXXVIII-XXXIX). Aarofle demande à Guillaume de lui rendre son cheval, mais il se pâme et Guillaume lui coupe la tête avec sa propre épée. Il revêt alors l'armure de son adversaire, enlève à Baucent la selle et le mors et prend la direction d'Orange, monté sur Folatise (Laisse XL). Il rencontre un parti de païens commandé par Baudus et Desrée ; il leur parle comme s'il était Aarofle ; par hasard les païens voient son peliçon et un morceau de sa chausse qui pendent par derrière ; ils le reconnaissent et l'interpellent ; le comte tue Desrée et s'enfuit (Laisse XLI à XLIV). Devançant ses poursuivants, il s'arrête, mais il est rejoint par Baudus qu'il désarçonne et dont il tue le cheval pour qu'il ne serve pas aux païens. Déramé survient avec vingt rois ; un jour viendra où Rainouart les épouvantera (Laisse XLV). Guillaume arrive à Orange et se présente à la porte ; le portier, le prenant pour un païen, refuse d'ouvrir et va prévenir Guibourc. La comtesse, avant d'ouvrir, demande à voir la bosse qu'il a sur le nez (Laisses XLVI-XLVII). Guillaume délace son heaume et abaisse la ventaille ; à ce moment Guibourc aperçoit des païens qui emmènent des prisonniers chrétiens qu'ils rouent de coups ; elle affirme que le vrai Guillaume ne laisserait pas ainsi maltraiter des chrétiens. Le comte relace son heaume et va frapper les païens, il en tue quatre. Les païens, le prenant pour Aarofle, pensent qu'il est irrité contre eux parce qu'ils ne sont pas allés en Aliscans et s'enfuient. Guillaume délivre les prisonniers et se retourne contre les fuyards, en tue six, s'empare des chevaux et fait attacher deux par deux le reste. Guibourc l'appelle et lui ouvre la porte ; il y entre après avoir tué ses prisonniers. Il était temps car les ennemis arrivent sous les murs d'Orange où ils s'installent. Il jure de prendre la ville mais Rainouart les fera parjurer (Laisses XLVIII-XLIX). 

A Orange, Guibourc désarme son mari et s'étonne de le voir seul ; il lui dit les pertes subies en Aliscans. Les deux époux se lamentent ; Guibourc conseille d'envoyer demander du secours au roi Louis à Saint-Denis (Laisses L à LII). Guillaume réplique qu'il doit y aller lui-même, car un messager ne serait pas écouté, mais il ne veut pas l'abandonner seule à Orange. La comtesse répond qu'elle armera les femmes et les prisonniers délivrés (Laisses LIII-LIV). Guillaume consent à partir ; Guibourc s'attendrit : elle a peur que Guillaume ne l'oublie. Celui-ci la rassure et lui jure qu'il ne changera pas de linge, ne se lavera pas, ne mangera pas de viande ni de pain, ne boira pas de vin, ne couchera pas dans un lit, n'embrassera personne sur la bouche avant son retour. Il revêt l'armure d'Aarofle et prend son cheval. Il rencontre des païens qui reviennent de piller ; ces derniers abusés par son accoutrement le laisse passer (Laisse LV). Continuant son chemin, il arrive à Orléans, passe la Loire en bateau (Laisse LVI). Pendant qu'il traverse la ville, le châtelain accourt et le malmène ; Guillaume le tue. Les bourgeois d'Orléans alors l'attaquent ; il les met en déroute. Les fuyards rencontrent Hernaut, frère de Guillaume, en tête d'une troupe (Laisse LVII). Hernaut s'élance à la poursuite de Guillaume, sur la route d'Étampes, l'atteint et lui demande de revenir à Orléans se faire juger. Guillaume refusant, les deux cavaliers joutent. Hernaut est désarçonné ; Guillaume l'apostrophe en se nommant. Hernaut, qui l'a reconnu, lui embrasse la jambe (Laisse LVIII). Les deux frères ôtent leur heaume. Guillaume conte ses malheurs et demande à Hernaut de venir à son secours et lui dit qu'il va à Saint-Denis demander de l'aide au roi. Hernaut lui apprend que la cour est à Laon où  se tiendra une belle fête en présence d'Aymeri. En regagnant Orléans, Hernaut rencontre précisément Aymeri et sa femme. De son côté, Guillaume prend le chemin de Laon ; il fait étape à Étampes (Laisse LIX-LX).

Un dimanche avant midi, il entre à Laon. Il descend devant le palais, attache le cheval à un olivier. Personne ne vient tenir le coursier. Le roi apprend l'arrivée d'un personnage inquiétant et envoie Sanson voir qui est cet étranger (Laisses LXI-LXII). Sanson s'acquitte de sa mission et revient dire au roi que c'est Guillaume. Le roi se renfrogne ; les chevaliers de la cour entourent Guillaume et le raillent, alors que du temps de sa splendeur ils lui faisaient fête. Le roi vient dédaigneusement lui parler à la fenêtre. Le comte commence à s'irriter (Laisse LXIII-LXIV). Un bourgeois de Laon, Guimar, prend pitié de lui et l'emmène dîner ; il met son cheval à l'étable. Le bourgeois se désole de lui voir refuser pain blanc et vin ; Guillaume ne veut pas non plus coucher dans des draps, il demande des joncs. Le lendemain matin, il s'arme et annonce que si le roi l'éconduit, il le déposera. Guimar tremble de peur (Laisse LXV). Guillaume pénètre dans la grand-salle, personne ne le salue. Voici Aymeri et Hermengart qui sont magnifiquement reçus ; la présence de ses parents augmente l'assurance de Guillaume ; il injurie le roi et la reine (Laisses LXVI-LXVII). Aymeri et Hermengart se précipitent pour accoler Guillaume. Celui-ci renouvelle ses menaces à l'égard du roi et de sa soeur. Personne n'ose intervenir. Hermengart fait honte aux autres et déclare qu'elle s'armera elle-même (Laisse LXVIII). Guillaume rappelle à Louis qu'il lui doit la couronne ; Louis reconnaît la vérité de ce fait et lui abandonne la moitié de la France. La reine Blancheflor proteste. Guillaume l'injurie et la saisit par les cheveux. Il va lui couper la tête quand leur mère la lui enlève des mains. Elle s'enfuit comme une folle et sa cache dans sa chambre. Sa fille Aalis la blâme d'avoir osé s'opposer à Guillaume à qui elle doit tout et se rend dans la salle (Laisse LXIX). Elle se jette aux pieds de son oncle et le prie de pardonner à la reine. Aymeri et Hermengart appuient la demande de la jeune fille. On envoie chercher la reine ; le comte lui pardonne (Laisse LXX). Tout le monde se met à table, Aalis à côté de Guillaume. Digression sur Aalis et Rainouart ; puis le poète revient à son sujet : le repas fut magnifique. Guillaume fit inviter son hôte Guimar (Laisse LXXI). Après le repas, il demande à Louis s'il le secourra. Louis remet la réponse au lendemain. Guillaume furieux se démet de son fief et le rend à Louis ; Hernaut et Aymeri le calment (Laisse LXXII). Guillaume rappelle une fois de plus au roi qu'il lui doit son royaume, qu'il a épousé sa soeur grâce à lui et qu'il a juré de le secourir si les Sarrasins l'attaquaient à Orange. Louis se met à pleurer et promet à Guillaume d'assembler son armée ; quant à lui, il restera garder sa terre. Louis convoque ses armées ; on fait les préparatifs du départ. Guillaume remarque à la cuisine un personnage appelé Rainouart, nu-pieds, très grand, à la force prodigieuse. Pendant la nuit, le maître-queux l'a tondu et noirci avec du charbon. Les écuyers le raillent ; l'un d'eux lui donne un soufflet. Rainouart, furieux, le saisit par les flancs et le projette contre un pilier où il s'écrase. Les autres veulent tuer Rainouart mais Aymeri s'interpose. Guillaume demande au roi qui est ce personnage ; le roi répond qu'il l'a acheté à des marchands et relégué à la cuisine (Laisse LXXIII). Le poète reprend alors la description de Rainouart : il est très beau et très fort, mais il s'est abruti à la cuisine ; il a un défaut : il oublie sur le champ ce qu'on lui a dit. Les écuyers recommencent leurs moqueries ; Rainouart en saisit deux mais le roi ordonne de le chasser ; il va se cacher à la cuisine près de son tinel. Guillaume redemande à Louis qui est Rainouart et Louis reprend son récit : c'est le fils d'un païen qu'il a acheté à des marchands ; il s'est abruti à la cuisine mais il a une force prodigieuse. Guillaume demande au roi de le lui donner (Laisse LXXIV).

L'armée se rassemble ; Rainouart prie Guillaume de l'emmener avec lui ; Guillaume feint de vouloir le dissuader, sous prétexte qu'il a pris de mauvaises habitudes à la cuisine, mais finalement il accepte son concours. Rainouart se munit d'une arme particulière : il coupe un gros sapin, en brûle les côtés et le fait entourer de bandes de fer par un forgeron (Laisse LXXV). Avec son arme, il fait l'étonnement de ceux qui le rencontrent et qui l'appellent "Rainouart au tinel". Pendant le repas, il s'enivre et va dormir dans la cuisine, son tinel auprès de lui. Alors quatre écuyers attellent leurs roncins à l'arme et la cachent sous le fumier d'une étable. L'armée part ; Rainouart se réveille et rejoint l'armée sans se soucier de son arme. Il rentre dans un gué où la fraîcheur de l'eau le dégrise. Il pense alors à son arme. Il retourne pour la chercher tandis que Guillaume l'attend (Laisse LXXVI). Rainouart ne le trouve pas et les écuyers se moquent de lui. Rainouart les frappe et l'un d'eux lui révèle la cachette (Laisse LXXVII). Le maître-queux lui ordonne de couper le tinel en morceau pour faire du feu ; Rainouart le tue. Il revient près de Guillaume et refuse de faire porter son arme par des bêtes de somme. Il va la laver dans un gué. La fille du roi Aalis le voit et s'éprend de lui ; il l'épousera plus tard (Laisse LXXVIII). Le poète redit sur une nouvelle assonance le lavage du tinel et conte qu'Aalis vient lui faire ses adieux. L'armée arrive à Orléans ; Louis fait demi-tour et rentre à Paris. Aymeri et ses fils partent, ils se retrouveront à Orange (Laisse LXXIX). L'armée arrive près d'Orange, la ville brûle ; Guibourc et les autres ont trouvé refuge dans le donjon. Du haut de la tour, Guibourc aperçoit les armures et les enseignes, elle entend les cors. Epouvantée, elle croit qu'il s'agit des païens (Laisse LXXX). Guillaume arrive à la porte du donjon ; Guibourc ne consent à ouvrir qu'après avoir vu la bosse que Guillaume a sur le nez. L'armée s'installe dans Orange (Laisse LXXXI). Rainouart se rend à la cuisine ; Guibourc éprouve pour lui une sympathie soudaine. En attendant que le repas soit prêt, Guillaume monte dans la tour de Gloriette ; il voit venir Hernaut et ses troupes, puis Bueves de Commarchis et Aymeri (Laisses LXXXII-LXXXIII), puis Bernart de Brubant (Laisse LXXXIV) et Guibert d'Andernas (Laisse LXXXV) et enfin Aymer le chétif mystérieusement averti. Ils prennent ensemble leur repas ; les chevaliers font enivrer Rainouart (Laisse LXXXVI). Les écuyers l'importunent, mais ils fuient quand il prend son tinel ; exaspéré, il frappe un marbre qu'il brise. Aÿmer dit à Guillaume de l'emmener en Aliscans (Laisse LXXXVII). Puis le poète répète la laisse précédente sur une autre assonance et annonce que tout le monde va se coucher. Rainouart s'endort dans la cuisine ; le maître-queux lui brûle les moustaches avec un tison. Réveillé, Rainouart le jette dans le brasier, puis se recouche à côté de son tinel. Les cuisiniers se plaignent à Guillaume qui les invite à ne plus railler Rainouart et il dit à Guibourc de l'emmener dans sa chambre (Laisse LXXXVIII). Là, Guibourc l'interroge et devine qu'il est son frère (Laisse LXXXIX). L'armée se prépare et la comtesse apporte à Rainouart un haubert double, un chapel d'acier et une épée. Rainouart prend l'épée et jette avec mépris cette arme trop légère (Laisse XC). Guibourc demande à Rainouart de se laisser adouber. Elle lui revêt le haubert, lui lace le chapel et lui ceint l'épée. Le récit est interrompu par un appel à la générosité des spectateurs pour les jongleurs. Rainouart va se chauffer à la cuisine tout armé ; les cuisiniers s'enfuient (Laisse XCI). Resté seul à la cuisine, il mange des poissons et du gibier, boit un vase de sauce et sort en se pourléchant comme un chat (Laisse XCII). L'armée s'ébranle, mais Rainouart oublie une fois de plus son tinel. On envoie un messager à Guibourc. Le messager et la comtesse font charger la lourde arme sur une charrette. Quand Rainouart revoit son tinel, tout joyeux, il va l'arracher à la charrette, si maladroitement qu'il écrase le limonier. On fait halte ; Rainouart va coucher à la cuisine (Laisse XCIII). L'armée s'ébranle; Rainouart continue de dormir ; il est éveillé par la fumée, car le feu a pris à sa loge. Il court derrière l'armée, mais il oublie une fois encore son tinel qu'il retourne chercher. Les troupes de Guillaume montent sur un tertre et voient une telle quantité de païens que beaucoup sont épouvantés. Guillaume, devinant les sentiments des couards, les autorise à partir. Dix mille s'en vont, mais ils rencontrent Rainouart qui les prend d'abord pour des païens, puis les reconnaît comme Français. Ceux-ci l'invitent à se joindre à eux, mais Rainouart en écrase plus de cinquante avec son tinel, fait faire demi-tour aux autres et demande à Guillaume de le mettre à la tête de la bande. Guillaume range ses gens en corps de bataille ; les païens font de même (Laisses XCIV-XCV). Rainouart a les couards, Guillaume est avec Aymeri, le troisième corps est celui de Bueves, le quatrième d'Aymer, le cinquième de Bernart de Brubant, le sixième d'Hernaut de Gironde, le septième de Guibert (Laisses XCVI-XCVII). Un messager va trouver Déramé et l'invite à se hâter ; le chef païen s'arme et ordonne à ses gens de s'adouber. Un second messager vient lui dire que les Français ont avec eux un homme d'une force prodigieuse. Il est rabroué. Déramé organise neuf corps d'armée (Laisses XCVIII-XCIX-C-CI), puis il rassemble ses propres troupes (début de la laisse CII).


Le combat s'engage. Les troupes d'Aquin sont défaites, mais son fils les ramène au combat. Baudus tue cinq Français ; Aÿmer lui tranche un bras, le poursuit au milieu des païens et lui coupe la tête (Laisses CII-CIII-CIV) ; mais il est entouré par dix mille Arabes ; son cheval est tué ; Aymeri et quatre de ses fils viennent à la rescousse ; Guillaume se joint à eux, s'empare d'un cheval qu'il donne à Aÿmer. Arrivent Rainouart et les couards (CV-CVI). Rainouart exhorte les siens à ne pas fuir et de son tinel il abat les païens comme la faux abat l'herbe des prés. Ceux-ci fuient; un messager vient le dire à Déramé ; Baudin (= Bauduc) le fait taire. Rainouart arrive aux bateaux
sarrasins, il les écrase ; prenant appui sur son tinel, il saute dans le chaland où sont emprisonnés les comtes. Il massacre les gardiens et trouve Bertran enchaîné (Laisse CVII). Il le délivre, puis tue ou jette à la mer les cinquante Nubiens qui gardaient les autres prisonniers qu'il délivre. Tous sautent sur la rive où Rainouart fait un massacre de païens et commande aux comtes de s'armer avec les équipements des païens. Bertran lui demande de leur procurer à chacun un cheval. Rainouart tue plusieurs ennemis, mais son coup écrase à la fois le cavalier et le cheval. Bertran lui suggère de frapper de la pointe (Laisse CVIII). Il oublie la recommandation à plusieurs reprises, mais finalement il y songe et fournit un cheval à Bertran et aux autres (Laisse CIX). Le combat continue avec la participation des prisonniers délivrés (Laisses CX-CXI).Voici Margot de Bocidant enveloppé d'une peau de serpent impossible à percer. Guillaume qui l'a attaqué sans résultat est contraint de s'enfuir poursuivi par Margot, quand Rainouart intervient et écrase le païen (Laisse CXII). Rainouart continue à distribuer ses beaux coups (Laisse CXIII). A un moment, il s'appuie sur son tinel pour se reposer ; les païens le croient à bout ; ils l'entourent et lui lancent des javelots. Son haubert et son chapel le protègent ; toutefois, une centaine des couards sont morts. Arrive Aenré qui porte un mail d'acier ; Rainouart l'abat par derrière. Il était cousin de Rainouart, mais celui-ci déclare qu'il tuera même son père Déramé s'il ne croit pas en Dieu. Les païens sont épouvantés (Laisse CXIV). Rainouart s'appuie sur son tinel ; cette fois encore, les païens le croient à bout et lui courent sus ; il en abat plus de cinquante. Arrive Déramé qui tue plusieurs chrétiens ; il donne un coup terrible à Guillaume, mais ce dernier le désarçonne ; il allait lui couper la tête quand vingt mille Persans viennent à la rescousse (Laisses CXV-CXVI).
Voici Borel qui, armé d'un fléau, tue plusieurs chrétiens ; Rainouart l'écrase et lui prend son fléau qu'il met à sa ceinture (Laisse CXVII). Les quatorze fils de Borel interviennent ; Rainouart les tue, prend leurs fléaux, mais les jette comme juste bons à chasser les mouches (Laisses CXVIII-CXIX). Il voit une troupe conduite par Agrapart, personnage de trois pieds de haut seulement, mais large d'épaules, aux cheveux jusqu'au menton, aux yeux rouges et aux ongles aigus (Laisses CXX-CXXI). Comme Rainouart a délacé son heaume à cause de la chaleur, l'autre le griffe et lui arrache les cheveux (Laisse CXXII). Rainouart lui arrache une cuisse ; Agrapart lui délace cent mailles de son haubert et le mord à la fesse. Rainouart le jette au milieu de la place (Laisse CXXIII). Agrapart le saisit à bras le corps, Rainouart le repousse (Laisse CXXIV). Agrapart, qui n'a pourtant qu'une jambe, s'élance sur Rainouart qui l'écrase d'un coup de tinel (Laisse CXXV). Arrive Cruciados, le plus grand homme jusqu'en Orient. Rainouart l'abat, mais, comme le coup a dévié, le cheval est intact. Fatigué de s'entendre appeler ribaut à pied, il décide de monter à cheval ; il saute en selle sens devant derrière. Le cheval s'emballe et le fait tomber ; il se cramponne à la queue jusqu'à une rivière, mais perd son tinel (Laisses CXXVI-CXXVII-CXXVIII-CXXIX). A ce moment arrive Valegrape armé d'un croc ; il traîne avec lui le tinel ; il est enveloppé d'une peau de serpent ; il s'assied sous un olivier (Laisses CXXX, CXXXI). Rainouart parvient à saisir son tinel ; les deux adversaires s'adressent des menaces réciproques. Valegrape fend le haubert de Rainouart et lui déchire le côté ; Rainouart le frappe sans lui faire de mal (Laisses CXXXII-CXXXIII-CXXXIV). Aymeri et ses enfants qui se battent durement appellent Rainouart (Laisse CXXXV). Rainouart frappe à nouveau le païen sans résultat ; celui-ci saisit Rainouart et le fait agenouiller. Rainouart lui rompt en deux son croc (Laisses CXXXVI-CXXXVII). Il propose au païen de renier Mahomet et de passer en France ; celui-ci refuse. Ils se mettent à lutter ; Valegrape s'empare du tinel de Rainouart et veut l'en frapper en poussant ; Rainouart fuit autour d'un arbre (Laisses CXXXVIII-CXXXIX). Valegrape lui suggère sans succès de croire en Luciabel ; Rainouart se souvient alors du marteau qu'il a pris à Borel ; il frappe Valegrape et casse son marteau ; mais le païen laisse échapper le tinel que Rainouart saisit. Rainouart lui propose à nouveau de renier ses dieux, Valegrape refuse et ressaisit le tinel (Laisses CXL-CXLI). Le païen demande à Rainouart son nom. Rainouart lui dit qu'il est fils de Déramé et énumère ses quinze frères ; Valegrape, ému, veut l'accoler, car il est son frère ; mais Rainouart lui demande de se faire baptiser auparavant (Laisse CXLII). Valegrape l'engage à croire en Mahomet, Rainouart refuse. Valegrape lui rend alors son tinel (Laisse CXLIII). Rainouart lui en donne un grand coup et lui propose, une fois de plus, mais en vain, de croire en Dieu (Laisse CXLIV). Le combat se poursuit. Rainouart se rappelle le conseil de Bertran de frapper en poussant; il frappe ainsi Valegrape et le tue (Laisse CXLV). Les païens s'enfuient ; il feint d'être mort ; les païens reviennent, alors il leur brise les reins de son tinel (Laisse CXLVI-CXLVII).
Voici un Turc, Grishart, avec sa fille Guinehart ; il frappe Rainouart de sa hache et propose de lui donner cités et châteaux avec sa soeur Florechaux (ou Flohart), la dame à la faux, s'il veut renier ses dieux. Rainouart l'écrase de son tinel. Arrivent Tiebaut et Déramé (Laisses CXLVIII-CXLIX). Quand Flohart apprend que Rainouart a tué son frère, elle saute en l'air ; de sa bouche sort une fumée qui empuantit l'armée. Rainouart jette son tinel contre la faux et la brise en deux ; il saisit la dame dans ses bras malgré la puanteur ; elle lui arrache son haubert avec ses dents. Il la tue (Laisses CL-CLI-CLII) Arrive Déramé qui engage son fils à croire en Mahomet. Rainouart refuse (Laisses CLIII-CLIV). Il frappe Déramé d'un coup de tinel que le chef païen esquive. Déramé lui donne deux coups sur le heaume ; Rainouart frappe son père en poussant et lui brise trois côtes (Laisse CLV). Les païens assaillent Rainouart, mais Aymeri et ses fils viennent à la rescousse (Laisse CLVI).
Rainouart alors s'arrête et réfléchit : il a tué ses parents et blessé son père avec le tinel ; il le jette au loin. Arrive Haucebier armé de trois hauberts, trois écus, trois épées et d'un épieu empoisonné. Rainouart effrayé court chercher son tinel. Il frappe Haucebier : une des bandes du tinel tombe au milieu du pré (Laisse CLVII). Haucebier frappe Rainouart, mais Dieu le protège ; à son tour, il frappe Haucebier ; une autre bande du tinel tombe (Laisse CLVI). Haucebier frappe à nouveau Rainouart qui lui rend la pareille; la bande maîtresse du tinel vole en l'air; mais Rainouart tue Haucebier, toutefois le tinel est tronçonné par le milieu (Laisses CLIX-CLX). Les païens l'assaillent. Ne se souvenant pas qu'il a une épée, il frappe avec ses poings. Il va succomber sous le nombre quand il heurte son épée ; il la tire du fourreau et s'étonne de voir la lame pénétrer si facilement (Laisse CLXI). Il met les païens en déroute, mais ils ne peuvent monter dans leurs navires, car Rainouart les a précédés et a brisé toutes les embarcations. Il reste un seul navire où montent Déramé et Huré qui prennent le large ; ils ne s'arrêtent pas avant Cordoue. Les autres errent en Aliscans ; ils rencontrent Bauduc qui les rassure. Entrant dans une favière, ils en mangent les fèves (CLXII).
Bauduc sort de la favière et rencontre Rainouart qu'il défie. Bauduc, qui a demandé son nom à Rainouart, lui annonce qu'il est son cousin et lui propose de venir avec lui ; il partagera avec lui tous ses héritages. Rainouart refuse ; ils se défient (Laisses CLXIII-CLXIV) Le païen est armé d'une massue qu'il manie à la façon du tinel de Rainouart et Rainouart a son épée. Bauduc lui coupe un pan du haubert et Rainouart frappe à son tour sans résultat. Bauduc lui donne un coup avec son mât ; Rainouart esquive le coup et le mât se brise en deux. Rainouart prend un des deux tronçons, remet son épée au fourreau et demande au païen de croire en Dieu. Celui-ci répond qu'il va le conquérir avec ses seuls poings. Un chevalier qui passe va prévenir Guillaume qui décide de venir au secours de Rainouart avec ses frères (Laisse CLXV). Pendant ce temps, Rainouart frappe, sur son heaume, son adversaire qui tombe à genoux ; il lui demande de renier Mahomet. Bauduc répond qu'il veut d'abord lui rendre la pareille ; il frappe Rainouart de son tronçon, lui rompt le haubert et lui perce la cuisse ; Rainouart tombe, les paumes dans le sable, et prononce la prière du plus grand péril, demandant à Dieu de lui faire conquérir Bauduc (Laisse CLXVI). Rainouart brandit son tronçon, en frappe Bauduc, mais casse le tronçon. Avant qu'il ait pu tirer son épée, le païen, qui a jeté son propre tronçon, lui donne un coup de poing formidable sur le nez. Rainouart invoque la Vierge. Arrive Guillaume ; Rainouart demande aux Français de ne pas intervenir; qu'ils se contentent de regarder la bataille (Laisse CLXVII). Bauduc abat Rainouart d'un coup de poing et lui enlève son épée. Rainouart voit le tronçon jeté par le païen, il le saisit, frappe le premier et étourdit son adversaire. Il lui enlève l'épée et le frappe au front à coups redoublés avec le tronçon. Bauduc, à bout de forces, demande le baptême (Laisses CLXVIII-CLXIX). Les deux combattants s'assoient. Guillaume qui survient se réjouit de l'heureux dénouement. Bauduc demande de retourner dans son pays ; il reviendra se livrer dans Orange. Les Français ramassent le butin et se couchent (Laisse CLXX). Rainouart réveille tout le monde dès minuit ; Guillaume fait enterrer Vivien. Le vilain à qui appartiennent les fèves vient se plaindre à Rainouart. Celui-ci demande un écu et entre seul dans la favière ; il injurie les païens qui s'y sont embusqués, se précipite sur eux, les met tous à mort et donne au vilain armes et chevaux (Laisses CLXXI-CLXXII-CLXXIII).


Les Français retournent vers Orange. Une fois arrivés, ils commandent un repas, mais Guillaume oublie d'inviter Rainouart. Furieux, celui-ci déclare qu'il va partir trouver son père, reviendra détruire Orange et coupera la tête à Louis (Laisse CLXXIV). En s'en allant, il rencontre des Français et leur confie un message de menaces envers Guillaume. Les messagers vont trouver Guillaume qui, reconnaissant ses torts, envoie vingt chevaliers le chercher (Laisse CLXXV). Comme il ne veut pas revenir, les chevaliers essaient de l'emmener de force, mais il arrache une poutre à une cabane d'ermite, tue cinq de ses assaillants et met les autres en fuite (Laisse CLXXVI). Les rescapés racontent leur mésaventure à Guillaume qui part chercher Rainouart avec cent chevaliers ; Aymeri, ses enfants et Guibourc sont de l'expédition (Laisse CLXXVII). Ils rattrapent Rainouart ; celui-ci éconduit Guillaume, mais cède aux prières de Guibourc (Laisse CLXXVIII). Pendant le repas, Rainouart est assis à côté de Guillaume et en face de la comtesse (Laisse CLXXIX). Après le repas, Guibourc demande à Rainouart qui est son père. Il répond qu'il est fils de Déramé, qu'il a une soeur et que son coeur lui dit que c'est elle. Guibourc pleure et accole Rainouart (Laisses CLXXX-CLXXXI). On baptise Rainouart ; il épousera Aalis (Laisses CLXXXII-CLXXXIII). Guillaume nomme Rainouart son sénéchal ; celui-ci va au trésor et distribue des dons à tous. On l'arme, on lui donne un destrier et on le fait jouter malgré ses réticences contre une quintaine qu'il brise en deux. Voici Bauduc et cent mille païens ; ils se font baptiser (Laisses CLXXXIV- CLXXXV). Guillaume envoie Hernaut et Bernart à Paris chercher Aalis (Laisse CLXXXVI). Les messagers arrivent à Paris, annoncent la victoire au roi et lui demandent sa fille. Il l'accorde et la remet aux messagers qui partent pour Orange. Rainouart l'épouse (Laisses CLXXXVII-CLXXXVIII-CLXXXIX-CXC). Le comte lui donne Tortolose et Porpaillart (Laisse CXCI). Guillaume emmène les jeunes époux dans leurs châteaux et les laisse à Porpaillart où ils couchent. Maillefer, leur fils, fut engendré cette nuit-là, mais sa naissance coûta la vie à sa mère. Rainouart en fut si affligé qu'il ne survécut à sa femme que sept ans. Désormais commence un chanson de valeur ; elle dit comment Rainouart tua le roi Loquifer (Laisse CXCII).

 

Les interventions divines...

- Dieu protège Vivien jusqu'au retour de Guillaume (vers 336-341).

- Un nuage de poussière sauve Guillaume (vers 611-613).

- Le nuage de poussière ramène Guillaume vers Vivien ( vers 679-684).

- Le Saint Esprit protège Guillaume (vers 955-956).

- Dieu protège Guillaume contre 15 rois (vers 1066-1067 et 1070-1071).

- Dieu protège Guillaume contre Desramé (vers 5951-5956).

- Dieu protège le chrétien Baudus (vers 7219-7224).

 

La première laisse de cette chanson...

A icel jor que la dolor fu grant
Et la bataille orrible en Alescans,
Li cuens Guillelmes i soffri grant ahans ;
Bien i feri li palasins Bertran,
Gaudin li bruns et Guichart li aidans
Et Guïelins et li preuz Guinemans,
Girart de Blaives, Gautier li Tolosans,
Hunaut de Seintes et Huë de Melans.
Sor toz les autres s'i aida Vivians ;
En .XXX. leus fu rous si jazeranz,
Son escu fret, et son heaume luisant
Encontre terre li fu aval pendanz ;
.VII. plaies ot parmi andeus les flans,
De la menor fust mort uns amiranz !
Mout a ocis de Turs et de Persanz,
Mes ne li monte le pris de .II. besanz,
Que tant en ist des nes et des chalans
Et des dromonz et des escoiz coranz
Ainz tant n'en vit nus hom qui soit vivanz,
D'escuz et d'armes est couvert li Archanz.
Grant fu la noise des cuvers soduanz,
Li chaples fiers et li estors pesanz ;
Desor la terre coroit a rut li sans.

 

 

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