ANSEÏS DE CARTHAGE

 

Manuscrit : Arsenal

Vers : 12000.

Laisses : 

Date de composition : vers 1200 selon Paul Meyer, début du XIIIe selon Levy et premier quart du XIIIe siècle selon Demaison.

Langue : 

Édition : Anseïs von Karthago, hgg. von J. Alton Tübingen, 1892 ( Bibl. des Litter. Ver. in Stutgart, CXCIV).

Traduction :  Claudius La Roussarie, Société Française d'Éditions Littéraires et Techniques, Paris, 1938.

Cette chanson appartient au Cycle du Roi.

Pour consulter la liste des ouvrages critiques et autres articles sur cette chanson, cliquez ici.

 

Cette chanson raconte des faits supposés, et que l'auteur imagine survenus en Espagne, après la bataille de Roncevaux. Elle est donc une sorte de continuation de La Chanson de Roland (sans qu'elle accepte néanmoins la mort du roi Marsile).

Charlemagne, après avoir vengé le désastre de Roncevaux, est devenu le maître de l'Espagne. A Sahagun, il annonce aux siens qu'il a décidé de rentrer en France, mais qu'il faut laisser l'Espagne au pouvoir d'un roi chrétien. Pour cette charge s'offre seulement un jeune chevalier, sans grand passé militaire, appelé Anseïs, fils de Rispeu de Bretagne, mort au combat en Espagne. Charlemagne accepte et, sur la place de la ville, devant sa baronie, il couronne le jeune homme "roi d'Espagne et de Carthage", et lui donne son épée, Joyeuse. Etant donné la jeunesse d'Anseïs, Charles laisse auprès de lui un vieux conseiller, Ysoré ; avant son départ, l'empereur promet au jeune roi, s'il se trouve parfois en danger, de venir à son secours. Anseïs établit la capitale de son royaume dans une ville nommée Morligane. Letise, fille d'Ysoré, s'éprend ardemment d'Anseïs, sans pouvoir être apaisée par les conseils de son père, qui juge trop inégale une union possible. Les chevaliers d'Anseïs lui conseillent de prendre femme, et c'est précisément Ysoré qui suggère que la femme la mieux indiquée serait la belle Gaudisse, fille du roi sarrasin Marsile, qui réside à Morinde, ville sise au delà de la mer. Anseïs, aussitôt amoureux de la sarrasine, qu'il n'a jamais vue, donne mission à Ysoré d'aller demander sa main. Le vieux conseiller, avant d'entreprendre le voyage, confie au roi la garde de sa fille Letise, et lui demande de ne jamais avoir l'idée de la déshonorer, car, dans ce cas, lui, Ysoré, cesserait de servir le roi et se ferait mahométan. Durant l'absence de son père, Letise, éprise pour Anseïs d'une ardente passion, se glisse dans son lit et se livre à lui, sans que le jeune roi, jusqu'au dernier moment, la reconnaisse. Ysoré, cependant, est arrivé à Morinde, accompagné par le chevalier franc, Raimon de Navarre ; il a obtenu la main de la fille de Marsile pour son souverain. La belle Gaudisse, ravie par ce mariage, pense déjà au baptême et renie les dieux sarrasins ; mais il se trouve que sa main avait été antérieurement promise à un roi païen, nommé Agolant le Sauvage qui, apprenant l'accord conclu avec Anseïs, se présent à Morinde, mais il est vaincu par Raimon de Navarre, au cours d'un combat singulier. Le danger écarté, Ysoré rentre en Espagne, avec la réponse affirmative de Marsile ; il apprend qu'Anseïs a déshonoré sa fille, reproche son acte au roi, mais feint ensuite de lui pardonner, et cache sa colère ; sous prétexte d'aller à la rencontre de Gaudisse, il se présente de nouveau à la cour de Marsile ; là, il renie la foi de Jésus, excite le roi contre les chrétiens, et parvient à rallumer la guerre. Le renégat Ysoré se met à la tête des troupes païennes, qui traversent la mer et, sur la côte espagnole, battent Anseïs qui se voit contraint de fuir. Une interminable guerre s'engage, avec de nombreux combats. Dans le même temps, la belle Gaudisse, qui accompagne son père dans l'expédition, envoie des messages à Anseïs, et celui-ci parvient à s'emparer d'elle, après une bataille. La jeune fille est baptisée et se marie avec Anseïs. Mais la guerre va de plus en plus mal pour ce dernier, qui se voit réduit à un domaine de peu d'étendue, et qui est pressé par la famine et le désespoir. En ces circonstances, il demande l'aide de Charlemagne, qui malgré la maladie et son âge avancé, organise une nouvelle expédition qui entre en Espagne, vient au secours d'Anseïs, et parvient à imposer les chrétiens dans tout le pays. Ysoré et Marsile sont faits prisonniers ; le premier est pendu et le deuxième est emmené en France où, refusant de recevoir le baptême, il est décapité à Laon. Letise, faite aussi prisonnière, demande grâce à Charlemagne pour elle et le fils qu'elle a eu d'Anseïs ; elle est pardonnée, à condition de se faire nonne. Anseïs demeure en Espagne où il règne dans la joie, et Charlemagne meurt à Aix-la-Chapelle.

 

Retour au Sommaire