FLORENCE DE ROME

 

Manuscrit : B.N.F. fr. 4192 (ms. P) ; le deuxième manuscrit appartient à M. I.-T. d'Arcy Hutton, Marske Hall, Richmond, Yorkshire (Angleterre) (ms. M) ; Le troisième manuscrit se trouve au musée Britannique, Landsdowne 362 (ms. L).

Vers :  6410.  

Laisses : 

Date de composition : Entre 1228 et 1231.

Langue : 

Édition : A. Wallensköld, 2 vol., Paris, 1907-1909 (SATF).

Cette chanson est rattachée à  Florent et Octavien mais n'appartient à aucun cycle.

 

Cette chanson raconte l'histoire de Florence de Rome, fille de Othon.

Après avoir rappelé l'ancienne gloire de Rome et son illustre origine troyenne, l'auteur annonce qu'il contera un "romant" du roi Oton de Rome et de Florence, sa fille, qui fut la cause d'une guerre sanglante (Laisse 1). La naissance de Florence avait été accompagnée de prodiges terribles, présage de cette guerre. Sa mère étant morte peu de jours après, Florence avait grandi auprès de son père, qui la chérissait tendrement ; elle était renommée pour sa beauté et son savoir (Laisse 2). 

Or, à Constantinople, régnait le vieux roi Garsire, qui, ayant entendu parler de la belle Florence, résolut de la prendre pour femme. A cet effet, il envoya à Rome quarante messagers sous la conduite d'Aquarie : si le roi de Rome lui refuse sa fille, il aura la guerre (Laisses 3-4). Voyage d'Aquarie et de ses compagnons. Arrivés devant Oton et sa fille, ils font leur message. Après avoir demandé conseil à ses barons et consulté Florence, Oton donne une réponse négative. Les messagers, alors, déclarent que leur maître viendra conquérir l'empire de Rome ; après quoi ils s'en retournent en Grèce. Le roi Oton fait convoquer tous se hommes (Laisses 5-15). Les messagers de Garsire, revenus de Rome, donnent à leur maître une description enthousiaste des splendeurs de Rome et de la beauté de Florence, mais lui annoncent en même temps l'insuccès de leur mission. Furieux, Garsire fait convoquer une armée formidable et on s'embarque pour Rome. 

Après avoir subi une violente tempête, la flotte grecque aborde non loin de Rome. Les romains apprennent l'arrivée des grecs (Laisses 15-24). En ce temps vivaient, à la cour du roi d'Esclavonie, deux jeunes chevaliers, Milon et Esmeré, fils du roi de Hongrie, Philippe. Après la mort de celui-ci, leur mère avait épousé Justamont de Syrie et, comme celui-ci avait voulu faire périr ses beaux-fils, leur gouverneur les avait enlevés de nuit, emmenés au loin et élevés comme il convenait à leur rang. Ils avaient trouvé asile chez le roi d'Esclavonie, qui les avait armés chevaliers. Esméré, le cadet, était loyal et bon ; l'aîné, Milon, au contraire, faux et mauvais (Laisses 25-26).

Or, un jour que les deux frères s'exerçaient à manier la lance et l'épée, un pélerin, qui revenait de ROme, leur apprit la guerre entre Garsire et Oton. Aussitôt les deux jeunes gens décident d'offrir leur service au roi de Rome. Accompagnés de vingt chevaliers et de trente écuyers, que leur avait donné le roi d'Esclavonie, Milon et Esméré arrivent à Rome et se logent chez un riche bourgeois. Le lendemain, avec leur vingt chevaliers, ils prennent part à un combat et taillent en pièce quarante ennemis, sortis des rangs à leur rencontre. Oton et sa fille, du haut de leur palais, ont vu ces prouesses et voudraient savoir quels sont les chevaliers inconnus. Florence a surtout distingué Esméré (Laisses 26-27). Trois cent Grecs s'étant avancé pour venger leur compagnons, une mêlée terrible s'engage. Le roi Oton envoie, à la rescousse des chevaliers inconnus, sept cent Romains sous la conduite des deux frères Agravain et Sanson. Défaite des Grecs. Retour de Milon et d'Esméré chez leur hôte, auquel ils font présent de dix chevaux conquis ; après quoi ils se rendent au palais du roi. Oton adresse des exhortations à ses hommes (Laisses 28-31). Comme le roi et ses barons sont à table, Milon, Esméré et leur vingt compagnons se présentent à la cour. Milon dit qui ils sont et pourquoi ils viennent. Ils sont priés de prendre place à table. Florence, assise à côté d'Esméré, s'éprend immédiatement de lui (Laisses 32-34). Garsire, campé au bord du Tibre, est furieux de son échec. Sans écouter les conseils des siens, il ordonne l'attaque immédiate de Rome. Un espion romain va raconter à Oton la résolution de Garsire. Sur l'avis d'Esméré, les Romains iront à la rencontre des Grecs (Laisses 34-35). 

En voyant approcher la bataille décisive, Florence, pensant qu'elle pourra empêcher le carnage, s'offre à épouser Garsire. Mais Oton n'y consent pas et exhorte ses hommes au combat. Esméré obtient la première joute. Enumération des forces d'Oton. Cependant, les Grecs sont deux fois aussi nombreux que les Romains. Le roi Oton promet sa fille avec la ville de Rome à celui qui se distinguera le plus. La bataille s'engage (Laisses 36-47). Esméré tue un seigneur grec, Brucabaut. Oton et Garsire se rencontrent dans la mêlée et échangent de vigoureux coups d'épée. Comme les Grecs viennent au secours de Garsire, Oton aurait été perdu si Esméré n'était venu le sauver. Ensuite Esméré sauve aussi son frère Milon, mais est lui-même violemment assailli. Alors l'indigne Milon l'abandonne à son sort et va raconter à Oton qu'Esméré a passé à l'ennemi. Mais Oton reconnaît bientôt l'imposture de Milon et secourt lui-même Esméré. Celui-ci fait des prouesses merveilleuses ; pourtant, pressés par le nombre, les Romains sont forcés de reculer (Laisses 48-56). Florence, du haut d'une tour, suit la bataille. Quand Esméré s'approche, elle lui fait connaître son amour, et Esméré promet de le mériter par ses exploits. Les Grecs commencent à reculer ; Oton fait alors sonner la retraite. Malheureusement, le roi de Rome est tué d'un coup de flêche à la tête, au moment où il ôtait son heaume. Avant de mourir

 

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