GORMONT ET ISEMBART

 

Manuscrit : Il est conservé à la Bibliothèque royale de Belgique, dans le portefeuille II. 181.

Vers : 661 octosyllabes.

Laisses : 23.

Date de composition : Fin du premier tiers du XIIe selon Gaston Paris. A ne considérer que la langue et le matériel épique, Gormont et Isembart paraît contemporain des plus anciennes chansons de geste conservées, La Chanson de Roland par exemple, sans qu'on puisse décider si cette chanson leur est antérieure ou non.

Langue : Centre de la France ou peut-être au Sud-Ouest de Paris.

Édition : 1) Reiffenberg, Notice et extraits du ms. dans les Bulletins de la Commission Royale d'histoire de Belgique, séance du 7 mai 1837, I, pp. 265-269 ; même vol., 2e édition, 1844, pp. 240-244.

             2) Reiffenberg, La mort du Roi Gormont, dans l'Introduction de la Chronique rimée de Philippe Mouskes, Bruxelles, t. II, 1838, pp. IX à XXXII.

             3) A. Scheller, La mort de Gormond, Fragment unique conservé à la Bibliothèque royale de Belgique réédité et annoté, dans Le Bibliophile belge, X (1875), pp. 149-198.

            4) Heiligbrodt, R., Fragment de Gormund et Isembard, Text nebst Einleintung, Anmerkungen und vollständigem Wortindex, dans les Romanische Studien de Böhmer, III (1878), pp. 501-596. Paru aussi comme dissertation de l'Université de Strasbourg, 1878.

            5) Bartsch, K., Gormund et Isembard, vers 255-429 dans la Chrestomathie de l'ancien français, Leipzig, 8e édition, 1904.

            6) Bartsch, K., Gormund et Isembard, vers 9 à 254 dans La langue et la littérature françaises depuis le IXe siècle jusqu'au XIVe siècle, Paris, 1887, col. 31-38.

            7) Bayot, A., Gormond et Isembart, Reproduction photocollographique du mznuscrit unique, II, 181, de la Bibliothèque royale de Belgique, avec une transcription littérale, Bruxelles, 1906.

             8) Wiese, Leo, Gormund et Isembard, vers 255 à 429, dans la 9e édition de la Chrestomathie de Bartsch, Leipzig, 1908, pièce 8, 12e édition, 1920.

             9) Bayot, Alphonse, Gormont et Isembart, fragment de chanson de geste du XIIe siècle, Paris, 1914 ; 2e édition revue, 1921 (Les classiques français du moyen âge). Réédition Les classiques français du Moyen Âge, 14, Paris, 1969.

Cette chanson n'appartient à aucun cycle.

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Résumé :

Les premiers vers du fragment nous introduisent au fort de la bataille de Cayeux, qui devait constituer un des derniers actes du drame faisant l'objet du poème. Gormont met successivement hors de combat les Français assez audacieux pour se mesurer à lui (v. 1 à 195). Hugon lui-même, le plus vaillant serviteur du roi Louis, finit par succomber sous les coups (v. 196 à 326), et son écuyer, Gontier, reste impuissant à le venger (v. 327 à 359). Louis se décide alors à s'avancer en personne contre le redoutable païen. De son épieu, il lui fend le corps en deux, mais l'effort qu'il fait pour se retenir sur son cheval, lui occasionne une blessure interne, dont il mourra peu de temps après (v. 360 à 419). La perte de Gormont met le trouble dans les rangs des Sarrasins ; Isembart parvient toutefois à les rallier ; la bataille va reprendre durant quatre jours (v. 420 à 524), cependant que Louis rendra les honneurs funèbres à son héroïque adversaire et au fidèle Hugon (v. 525 à 555). Dans la lutte, Isembart est amené à frapper son propre père, le vieux Bernard, qu'il ne reconnaît d'ailleurs point (v. 556 à 582). Mais les païens, lassés de la longue résistance qui leur est opposée, se découragent et se prennent à fuir (v. 583 à 613). En ce moment, l'attaque combinée de quatre seigneurs français a raison d'Isembart lui-même. Se sentant défaillir, le renégat se repent, revient à Dieu, invoque la Vierge et s'en va s'éteindre sur l'herbe fraîche, à l'ombre d'un olivier (vers 614 à 661).

 

Voici le début de la chanson :

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en haute voiz s'est escrié :

"Vos estes en dol tut finé ;

n'averez garrant pur vostre Dé."

Quant il ot mort le bon vassal,

ariere enchaça le cheval ;

puis mist avant sun estandart

n'em la li baille un tuenard.

Li estur fut fier e pesant,

e la bataille fut mut grant.

Es lor puinnant Gautier de Maus,

fiz Erneis, un duc franceis,

e vit Gormund el pui estant :

s'il lores ne joste a lui a en camp,

dunc se tendra pur recreant.

Des espuruns point l'auferant,

qu'il en fist raer le sanc ;

al rei Gorm[un]d en vint brochant ;

s'il fiert sur son escu, devant,

qu'il li peceie maintenant ;

le hauberc desmaele e dement ;

passé li ad joste le flanc,

men nen abat nient de sanc,

ne de sun cors ne li fist dam.

 

 

 

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