JEHAN DE LANSON

 

Manuscrit : B.N.F. fr. 2495 (A) folio 1 recto à 65 verso ; Manuscrit 573 de la Stadtbibliothek de Berne (B) ; Arsenal 3145 (C) folio 108 recto à 203 verso. Terminologie réalisée par J. V. Myers. 

Vers : 

Laisses : 

Date de composition : Avant 1239 (cf. l'interprétation de Myers, p. XII).

Langue : 

Édition : 1) J. Duplessy, Jehan de Lanson, édition du manuscrit de Berne, Thèse dactylographiée de l'Ecole des Hautes Etudes, Paris, 1958. (édition introuvable et la bibliothèque de la IVe section de l'E.P.H.E. en a perdu la trace.

             2) J. Vernon Myers, Jehan de Lanson, chanson de geste of the 13th Century, edited after the manuscripts of Paris and Bern with introduction, notes, table of proper names and glossary, The University of North Carolina Press, Chapel Hill, 1965.

Cette chanson appartient au Cycle du Roi.

 

 

Remarques sur le texte...

La chanson de Jehan de Lanson "a été écrite par un trouvère conscient de la nature d'un texte épique et qui avait à coup sûr réfléchi sur les possibilités de l'art qu'il avait choisi de pratiquer." (p. 10 de Dominique Boutet).

"Loin de s'intéresser à une fissure à l'intérieur de l'empire, notre chanson nous présente un impérialisme sûr de son bon droit." (p. 173 de Dominique Boutet).

" Une action épique est donc, pour notre trouvère, un mélange de détente et de tensions dramatiques, dans lequel les anticipations retiennent et maintiennent l’attention de l’auditoire dans une sorte de flottement ; faussement transparente, l’action épique est comme voilée systématiquement par un brouillard. Tout son intérêt réside dans ce jeu : alors qu’il ne se passe rien, ou presque, le poète doit laisser supposer qu’il va toujours se passer quelque chose. C’est là, il faut l’avouer, un type singulier d’intrigue, qui suppose une attitude particulière du trouvère devant l’art épique. " (p. 224 de Dominique Boutet).

" Optimisme et dramatisation alternent donc. La fluctuation entre les extrêmes est à la base de l’organisation du récit. " (p. 224 de Dominique Boutet).

"...Jehan de Lanson est inconcevable sans La chanson de Roland, dont l'imitation directe semble pourtant proscrite. Au demeurant, il est logique que la légende de Roncevaux soit respectée par un trouvère qui décide de raconter des événements dans lesquels Roland et Ganelon jouent un rôle important : mais en faisant des douze pairs les héros de sa chanson, le poète se condamnait à l'artifice. Les rebondissements sont donc à la fois contingents dans leur contenu et nécessaires dans leur forme : sans eux, la chanson s'épuiserait sitôt commencée. Il en résulte que l'art de notre trouvère est avant tout de remplissage." (p. 224 de Dominique Boutet).

" Le trouvère tient l’auditoire en haleine avec des rebondissements sans importance, tandis que les grandes lignes de l’action obéissent à une logique qui est fixée dès la scène initiale et ne réserve donc aucune surprise. " (p. 224 de Dominique Boutet).

"Le trouvère connaît parfaitement les moyens que lui propose l'art épique : enchaînements, changements de laisses, parallélismes ou progressions en escalier, motifs stéréotypés, jeu sur les variations contribuent à faire de Jehan de Lanson une oeuvre techniquement traditionnelle. Les méthodes de composition sont multiples, parfois complexes, en dépit de l'apparence simple, sinon linéaire, des personnages. Des stéréotypes les plus ordinaires aux petites scènes élaborées, le trouvère profite des ressources de l'intertextualité sans y être asservi pour autant. Là s'arrêtent les similitudes avec le genre. A la différence des chansons contemporaines comme Gaydon ,Jehan de Lanson ne subit pas l'influence psychologique du roman : mais notre chanson n'ignore pas les courants qui ont envahi le genre épique depuis la fin du siècle précédent : elle leur répond à sa manière. La psychologie, comme dans les épopées plus traditionnelles, est avant tout un instrument du ton. Mais celui-ci est fait d'un mélange de fidélité au genre et de subversion plaisante des traditions." (p. 249 de Dominique Boutet).

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